Un airbag pour accroître ses chances de survie en cas d'avalanche
Date: 3 juillet 2007 à 02:53:11
Sujet: Securite


Un airbag pour accroître ses chances de survie en cas d'avalanche


START-UP. Basée à Verbier, la société Snowpulse doit finaliser ses tests en vue d'obtenir une autorisation de commercialisation. L'entreprise espère vendre son produit durant la saison d'hiver 2007-2008.



Ghislaine Bloch
Mardi 6 février 2007



La start-up Snowpulse a développé un concept original qui augmente les chances de survie des victimes d'avalanches. Il s'agit d'un système d'airbag, inséré dans les bretelles d'un sac à dos, qui est activé manuellement par le guide de montage, le patrouilleur ou l'amateur averti se trouvant en mauvaise posture. Un coussin d'air de 120 litres protégeant intégralement la tête est une partie du thorax est alors gonflé en moins de trois secondes.

L'airbag crée un «effet de flottaison» en augmentant le volume de la victime par rapport à la neige qui l'entoure. «Notre système diminue le risque d'ensevelissement du corps et génère une meilleure flottaison faciale. La victime se retrouve sur le dos avec les voies aériennes et le thorax dégagés», explique Yan Berchten, fondateur de la société basée à Verbier. Après 90 secondes, l'airbag se dégonfle. Si la victime est tout de même ensevelie, le dégonflage de l'airbag crée une cavité d'air et libère de l'espace devant le thorax, augmentant ainsi fortement les chances de survie.

Cet outil devrait s'avérer extrêmement utile sachant que les chances de s'en sortir indemne chutent drastiquement après un temps de 18 minutes d'ensevelissement. «Un airbag doit toutefois être associé à la prévention standard comme une bonne connaissance de la montagne et l'équipement habituel de secours du randonneur», avertit Yan Berchten.

Un système concurrent existe déjà depuis 2001. Fabriqué par la société allemande Peter Aschauer, il est dénommé Airbag ABS. Cet équipement consiste en deux ballons de plastique qui, selon un principe similaire, gonflent dans le dos de la victime. Il a été démontré par plusieurs tests et rapports d'accident que l'Airbag ABS est très efficace. «Notre système se démarque par son poids plume, une optimisation de la flottaison faciale et une protection des organes vitaux et des voies respiratoires. Il faut savoir que 15% à 20% des décès sont dus à des traumatismes», souligne Yan Berchten.

Pour vérifier les hypothèses de cette nouvelle génération d'airbag, une série de cinq tests avec des mannequins de 90 kilos ont été réalisés l'année passée avec l'aide d'Air-Glaciers à Anzère, aux Portes du Soleil et à Nendaz. «Le mannequin s'est à chaque fois retrouvé à la surface de la neige. Nous devons réaliser encore une vingtaine de tests pour finaliser l'évaluation du système en vue de l'homologation par le Tüv à Munich», explique le fondateur de Snowpulse, qui cherche actuellement 100000 francs pour réaliser ces tests et obtenir, d'ici à cet été, le marquage CE qui permettra une commercialisation du produit.

Le jeune entrepreneur, qui a fait ses études à l'Ecole d'ingénieurs d'Yverdon, travaille en collaboration avec Georges Ducel, administrateur de la société, guide de montagne et analyste financier ainsi que Pierre-Yves Guernier, un ingénieur EPFL. Les trois confrères ont déjà trouvé des partenaires dans le textile pour produire l'enveloppe de l'airbag.

Le système, qui a été breveté et qu'on devrait pouvoir acheter durant la saison 2007-2008, coûtera environ 1000 francs. Snowpulse, qui bénéficie de l'aide de l'Etat du Valais grâce notamment à une prise de participation dans la start-up et d'un coaching professionnel, va contacter directement les magasins de sport pour vendre son produit, sans passer par un intermédiaire. En outre, la société vise également une distribution de son système dans les pays limitrophes grâce à un réseau d'intermédiaires. Snowpulse a comme objectif de vente 500 pièces en 2007-2008 et près de 2500 la saison suivante, ce qui devrait représenter un chiffre d'affaires d'environ 1 million de francs suisses.

«L'airbag de randonnée est commercialisé depuis quelques années, mais cela fait seulement deux à trois ans qu'il est accepté par le milieu alpin», constate Yan Berchten. Le marché reste toutefois restreint. Snowpulse cherche déjà de nouveaux débouchés. La protection par airbags visant d'autres sports est à l'étude, à l'exemple de l'équitation, de la moto ou du parapente.

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